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réception

Reception

LICRA NEW 2 LICRA NEW 3 Chez Noémie Guillemot, le samedi 11 avril 2015 à Rueil Malmaison. Communauté de réception : Camille, David, Alexis et Pablo (élèves de 3ème au collège des Bons Raisins) Interviewés par Marie Charrieau, Noémie Guillemot, Josselin Merazguia et Soliman Nessa   Noémie : On va vous montrer trois images, et vous allez noter tout ce que vous voyer, à quoi elles vous font penser. Voir image 2 Voir image 3 Marie : Alors maintenant vous allez nous dire ce que vous avez écrit. Vous pouvez synthétiser, pas forcément lire votre texte. Pablo : Sur les trois images il y a trois bébés à chaque fois. Celui du milieu est différent des deux autres. Il a déjà comme habits, ceux de son origine. Noémie : C'est à dire ? Pablo : Pour le premier, comme le bébé est noir, il semble avoir un métier, enfin comme futur métier, celui d'éboueur. Pour la fille, celui de femme de ménage, et le troisième, maçon. David : Le bébé est imagé, il représente un métier soit disant de pauvre. L'image dit qu’on ne doit pas attribuer un métier à quelqu'un selon sa couleur de peau. Alexis : Oui c'est raciste. Ils ont pris des gros stéréotypes avec le portugais et la portugaise. Mais ça parle de l'éducation des bébés. Il faut que tout le monde ait la même éducation. Marie : Donc pour vous, les bébés du milieu, comme tu parlais de métier de pauvre pour les bébés qui sont d’origine étrangère, n’est pas français ? Camille : Oui ils viennent d'autres pays. Justement ils ont moins de facilités parce qu'ils arrivent d'un autre pays. Donc forcément, ils ont beaucoup moins d'argent que les autres. Ils doivent donc plus travailler à l'école. Pablo : Sur ces images on leurs attribue déjà un métier futur. Alexis : Les images sont racistes. On voit un bébé noir, il est déjà éboueur ! Noémie : Tu penses que la publicité avait quelle vocation ? Tu crois que c'était contre le racisme où justement... Alexis : Non c'était contre le racisme. C'est pour qu'on se rende compte de ça. Marie : Du coup, tu penses que la publicité a été faite par qui ? Camille : Une organisation contre le racisme. Josselin : Et par exemple, s’il n'y avait pas eu le texte vous auriez quand même compris l'image ? David et Pablo : Oui. Alexis : Il y avait un texte ? Je ne l’avais pas vu. David : Mais ce que vous nous avez demandé est de regarder l'image. Marie : Mais dans l'image il y a aussi du texte. Noémie : Donc le texte confirme ce que vous pensiez ? David : Oui. Noémie : Et qu'est-ce que vous pensez de cette situation, en tant que personne allant à l'école, où chacun est sensé avoir les mêmes chances ? J'imagine que dans votre classe vous avez des personnes noires, des personnes… Camille : Non, on n’a même pas de noir. David : Si, il y a Matthieu quand même, il est métis. Alexis : Ça fait passer un bon message contre tous ces stéréotypes. Noémie : Et par rapport à ces questions, tu te sens concerné ?  Alexis : Non je ne me sens pas visé. Soliman : Et vous pensez que ça s'adresse à qui ? Alexis : Aux étrangers. David : Non, à tout le monde. Marie : Pourquoi aux étrangers ?  Pablo : Tous les bébés qui sont au milieu sont étrangers. Marie : Et ça veut dire quoi pour vous être étranger ? David : Quelqu'un qui vient d'un autre pays et qui s'installe ici. Des personnes qui ne font pas du tourisme. Alexis : C'est de ne pas avoir la même langue ni la même religion. Marie : Donc pour vous votre camarade de classe Matthieu, il est français ou étranger ? Alexis : Non il est français, il est chrétien. Marie : Et si dans une autre classe, il y a par exemple un garçon ou une fille noire, cette personne sera forcément étrangère ? Pablo : Ca dépend, si elle réside depuis 5 ans en France. Noémie : Tu penses que, du fait qu’elle soit française, cette personne ne sera pas concernée par la publicité ? Tu penses que c'est parce qu'elle est étrangère qu'elle est concernée, ou tu penses que les noirs français ne sont pas concernés ? Matthieu n'est pas français ? Alexis : Si, il est français mais pas physiquement. Noémie : Est-ce que si tu es français tu seras plus éboueur si tu es noir, ou est-ce que c'est parce que tu es étranger que tu seras plus éboueur ? Camille : Ça dépend de l'éducation qu'on a eue. Noémie : De la famille, de l'école... ? Camille : De nos parents. Marie : Mais pour en revenir à la notion d'étranger, pour vous ces images ne concernent pas les français ? Alexis : Si, mais pour les étrangers, s’ils habitent depuis longtemps en France et qu'ils parlent la langue, ils sont français, mais d'origine étrangère. Josselin : Et du coup, qu'est-ce que la publicité veut leur dire à ces personnes étrangères ?  Pablo : Du bien par rapport à leurs origines, et qu’ils ne vont pas forcément avoir un métier comme ça. David : Qu'ils doivent relever un défi. Alexis : Ils doivent bien éduquer leurs enfants. David : Faut pas qu'ils se disent qu'ils feront forcément ce métier plus tard, ils peuvent très bien faire un autre métier. Marie : Et ça veut dire quoi bien éduquer son enfant ? Alexis : C'est avoir des bonnes consignes pour la vie. Etre bien éduqué ça nous permet de bien nous en sortir dans la vie. David : Par exemple, pour les entretiens d'embauche, quand on est mal éduqué on a moins de chance d'être pris, que si on est bien éduqué, qu'on parle bien, qu'on dit bonjour, etc. Noémie : Et pour vous l'éducation vient d'où ? Alexis : Par la société et nos parents. Noémie : Et l'école ? David : Oui aussi, ça nous apporte du respect entre les personnes, par rapport au professeur par exemple. Noémie : Et par rapport à votre futur métier, à votre devenir ? Soliman : Vous pensez souvent à votre avenir ? David : Non. Marie : Vous savez quels métiers vous souhaiteriez faire plus tard ? Alexis et David : Non. Marie : Et vous souhaiteriez être éboueur ou femme de ménage ? Camille : Non. Marie : Et pourquoi ? Alexis : Parce que je n’ai pas envie de faire ça. C'est des métiers fatiguant, tu n’es pas bien payé, et c'est dur. Noémie : Après tout ce qu'on vient de dire, comment vous résumeriez le message que la publicité porte ? Pablo : Ce n’est pas par rapport à nos origines et à notre couleur de peau qu'on va forcément avoir un métier inférieur aux autres. Alexis : On peut arriver à tout dans la vie. Noémie : Vous pensez donc qu'aujourd'hui en France, que des bébés naissent qu'ils soient blancs, noirs, musulman, espagnol, portugais, roms, etc. vous pensez qu'ils sont tous égaux, ont les mêmes chances ? David : Non. Alexis : Ça dépend de ceux qu'on aime et ceux qu’on n’aime pas. Noémie : C'est à dire ? Alexis : Par exemple, moi les roms je les aime pas. Ils viennent, ils se servent, ils servent à rien, ils polluent la France. Qu'ils retournent en Roumanie. Noémie : Donc pour toi il y a des différences entre les étrangers ? Et par exemple, imagine qu'un petit bébé roms soit français, pour toi ça serait pareil que s’il ne l'était pas ? Pour toi il aurait la même chance qu'un français même s’il est d'origine étrangère ? Alexis : Oui il aura une chance mais ça dépend aussi de comment il vit. S’il est dans un appartement normal, ou si il vit dans une caravane. Noémie : Et vous autres, quel est votre avis ? David : Non moi je pense qu'il y a des personnes qui sont désavantagés en France. Mais l'éducation ça fait tout. Marie : Mais là on ne parle même pas d'éducation puisqu'ils viennent juste de naître. Noémie : Vous pensez qu'on peut être prédestiné à un métier juste par la couleur de peau ? Alexis : Oui en France c'est possible ça, il y a encore des mentalités qui ne sont pas encore très évoluées. Par exemple on tue pour une religion, pour une couleur de peau… David : Aussi, avec l'histoire des supporters de Chelsea qui n'ont pas voulu faire rentrer un noir dans le métro. Donc ça c'est une mentalité bête. Marie : Et comment naissent les clichés selon vous ? Comment vous avez pu deviner que la femme de ménage était forcément une portugaise, pareil pour le maçon ?  Camille : C'est des clichés qu'on connait tous. Alexis : Faut dire aussi qu'il y a parfois de la vérité aussi. Les éboueurs de la région sont tous noirs par exemple. Mais là où la publicité fait passer un message c'est que ce n’est pas parce qu'il est noir qu'il sera éboueur. David : Ce n’est pas que tous les noirs sont éboueurs, mais tous les éboueurs sont noirs. Noémie : Et par exemple pour la femme de ménage, c'est forcément une femme ? Il n'y a pas d'homme de ménage ? Pour vous c'est évident que c'est une fille ? David et Camille : Oui. Alexis : C'est un cliché, la portugaise femme de ménage et le portugais sur les chantiers. Noémie : Et à votre échelle vous pensez pouvoir faire quelque chose par rapport à ça ? David : Non ce n’est pas à nous de le faire. Alexis : C'est aux parents avec l'éducation. Noémie : Donc tu penses que cette publicité s'adresse aux parents mais pas à toi directement ? Alexis : Oui nous on peut rien y faire. David : Ça s'adresse aux parents et à l'ensemble de la population contre les clichés, le racisme. Noémie : Et si dans un entretien d'embauche il y a des noirs et des blancs qui postulent, on va plutôt prendre des noirs pour être éboueurs ? Pablo : Non, ça dépend des études qu'ils ont faites aussi. Noémie : Parce que tu penses qu'il faut faire des études pour être éboueur ? Pablo : Non mais pour un autre métier, s’il y a un noir et plusieurs blancs, et que le noir a fait plus d'étude, et qu'il a plus de connaissances, normalement ça devrait être lui qui devrait être engagé. Mais malheureusement il y a encore plein d'endroit où il ne serait pas engagé parce qu'il est noir. Marie : Est-ce que vous pensez que réussir dans la vie c'est forcément avoir un bon métier, avoir beaucoup d'études ? David : Non, on peut avoir au contraire un Bac + 5 et être au chômage. Marie : Est-ce que vous avez déjà eu ce genre d'image dans vos cours ? David : Non. Noémie : Vous étudiez quoi en histoire de l'art ? David : Rosa Park, le Klu Klux Clan… Noémie : Donc en fait vous n'avez pas véritablement d'éducation à l'image ?   Josselin : On vous a jamais demandé de faire ce qu'on vient de faire là ?   David : Non.