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La campagne menée par Publicis pour le compte du Samu social met en avant certains points importants de la relation entre la société et les sans-abris.

Le premier item identifié lors de cette étude, est le logo et l'accroche de cette campagne. Il apparaît, pour l'équipe qui l'a concu, comme étant secondaire, volontairement mis au second plan. Rassemblés dans le coin inférieur droit, ils sont transparents et de petites tailles. L'association des deux n'est remarquée lors de l'étude de réception que dans un second temps. Elle permet la comprehension de l'image, elle donne les indications que suggère seulement la photographie. Le logo est volontairement neutre pour ne pas avoir de positionnement idéologique. La difficulté est alors sa lecture au premier abord. Néanmoins, il semble que l'importance de la photographie et le fait d'avoir à chercher le logo marque l'esprit du spectateur.

Concernant l'image présentée dans cette campagne, elle apparaît être volontairement dérangeante. Un travail poussé à été effectué sur le rendu de la peau et des vêtements des personnages, notamment par le biais de l'infographie. Les humains représentés connotent au premier abord. Il en ressort un sentiment de saleté et même de peur. Pour rappeler la dureté de la rue et la condition des sdf qui ne peuvent en sortir, le sol fond et les fusionne. Le message est au premier degré, mais ne se veut pas choquant. L'équipe de conception l'explique comme un moyen imagé de montrer une situation. Le travail sur la couleur et l'ambiance est d'ailleurs important. La diffusion n'en est que renforcée, car elle jouie d'une atmosphère particulière. L'ambiance globale apparaît comme visuellement inconfortable, voire dérangeante. Elle se situe à la limite entre une image dure et une image regardable. Cela permet de faire comprendre le message en incluant le spectateur dans la rue. Le point de vue de celui-ci est d'ailleurs sollicité car il est mis au même niveau que le sdf. Habitué à être debout face à une personne assise, il se retrouve dans la situation du sans-abri. Cette immersion participe à la gène ressentie. Cependant, la culpabilité n'est pas voulue, c'est plutôt une prise de conscience, un rappel. Le texte est, comme le logo, mis à part. La phrase est, là aussi, pour rappeler une situation quotidienne difficile. « Plus on vit dans la rue, moins on a de chance de s'en sortir » illustre ce qui se passe devant les yeux du spectateur. Malgré des difficultés de lecture, l'accroche est un support pour l'image et vient rassurer la première impression.

Pour la composition, il n'y a volontairement pas d'éléments perturbateurs pour le personnage. La rue est retranscrite comme elle est, sans faux semblants. Le message a voulu être représenté littéralement, comme une trace du quotidien des équipes du Samu social. Le format paysage permet d'avoir une vue globale de l'environnement et de situer sans problème ce qui est donné à voir.
Parfaitement adaptée pour la diffusion publicitaire, cette campagne peut s'apparenter à un photoreportage. Elle est d'ailleurs reçue comme tel par le groupe de réception qui peut y voir un travail de journaliste.

Cette campagne du Samu social est donc composée comme une trace de la réalité, qui rappelle la situation à laquelle les équipes sont confrontées chaque jour. Cet hyperréalisme est mis en tension avec l'infographie qui vient faire fusionner le sans-abri et son environnement. L'image est cadrée sur le personnage pour que le spectateur puisse intégrer le message dès le premier regard. Le logo et le titre sont laissés de côté pour permettre d'avoir une image proche d'une photographie journalistique, dépeignant la réalité. Ainsi il semble qu'ils ne soient remarqués que dans un second temps. L'aspect de sale donné à l'image rend l'image dérengeante, mais pour autant soutenable. Cela amène à se demander quelles sont les limites dans le traitement d'une campagne publicitaire qu'il est possible de faire pour faire passer un message social.